Homélie pour l’Annonciation et le dimanche de la restauration du culte des icones (Fête de l’Orthodoxie)

Les deux premiers dimanches du carême sont consacrés, l'un à faire mémoire du rétablissement de la vénération du culte des saintes icônes après la longue persécution iconoclaste qui avait marqué le huitième siècle et une partie du neuvième ; le second dimanche de carême, dimanche prochain, sera consacré à la mémoire de saint Grégoire Palamas.

Nous pouvons être tentés de nous demander quel rapport il y a entre les saintes icônes, saint Grégoire Palamas et le carême, qui est notre préparation à Pâques.

Pour bien le comprendre, il faut réfléchir à ce que signifient ces trois choses. Dans les trois cas, il s'agit de prendre davantage conscience des aspects fondamentaux de la foi chrétienne. Car c'est la foi qui est le fondement de toute notre vie spirituelle, de toute notre vie de chrétien.

La vie chrétienne n'est pas simplement faite d'un ensemble de préceptes, de règles à observer, de choses que nous aurions à faire ou à ne pas faire, en nous appuyant seulement sur nos propres forces, sur notre propre volonté. Ce qui est au cœur de la vie chrétienne, de la foi chrétienne, c'est que Dieu est lui-même intervenu librement dans l'histoire des hommes pour, à la fois, les réconcilier avec Lui dans le Christ, et, les ramener à l'unité également dans le Christ, en les faisant participer, ensemble, à la même vie divine.

Le Carême dans nos vies

par le Père Alexandre Schmemann

LE JEÛNE COMME COMBAT SPIRITUEL
Qu'est-ce que le jeûne pour nous, chrétiens ? C'est notre incorporation à cette expérience du Christ lui-même, par laquelle il nous libère de notre entière dépendance envers la nourriture, la matière et le monde.
Jeûner ne signifie qu’une chose : avoir faim, jusqu’à la limite de la condition humaine qui dépend entièrement de la nourriture, et là, ayant faim, découvrir que cette dépendance n’est pas toute la vérité au sujet de l’homme, que la faim elle-même est avant tout un état spirituel et que, finalement, elle est en réalité la FAIM DE DIEU...
 

 

Nous avons besoin avant tout d'une préparation spirituelle à cet effort du jeûne. Elle consiste à demander aide à Dieu et à centrer notre jeûne sur Dieu. C'est par amour de Dieu que nous devrons jeûner. Il nous faut redécouvrir notre corps comme temple de la divine présence, retrouver un respect religieux du corps, de la nourriture, du rythme même de la vie.

PRENDRE LE CARÊME AU SÉRIEUX
Comment appliquer l'enseignement de l’Église à propos du Carême, tel que nous le livre principalement la prière liturgique de Carême, à notre vie ? Comment le Carême peut-il avoir une influence réelle, et non point seulement extérieure sur notre existence ?